Blog 4 mois 3 semaines 2 jours

Publié le par Delphine94

Comme je reprends le travail demain après un break de 4 semaines, il fallait que cette journée retentisse.

J’ai accompagné ce matin et laissé Ethan à l’école. Sur le chemin du retour, seule, je me suis très bien imaginée

dans une salle de cinéma. J’ivaie si rarement qu’a chaque virée c’est une victoire sur mon quotidien de ménagère déguisée.

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4 mois 3 semaines 2 jours Palme d’Or au dernier festival de Cannes, sonne comme un décompte existentiel entre fragilité et déterminisme soulevées et portées par ses deux principales actrices : 2 jeunes étudiantes qui partagent une chambre universitaire en 1987, en Roumanie, pendant les années dures de Ceausescu entre marché noir et avortement illégal.

 

Les premières images du film vont à l’essentiel : une termine sa valise pendant que l’autre va lui chercher des cigarettes au noir. On la suit, caméra à l’épaule, elle va vite et ne perd pas de temps. Tout est organisé subtilement comme si on allait assister à un meurtre : réservation d’une chambre d’hôtel, rendez-vous avec le docteur Bébé. Pourtant de l’effet thriller on s’accroche à la vie en puissance et au dénouement psychologique de cette histoire, une amitié qui lie ces deux étudiantes au point de se faire passer l’autre pour sa sœur jusqu’à l’impossible : payer la suite de l’avortement en nature.

 

On pourrait s’imaginer que ce film est glauque, dur et cru mais le choix de la mise en scène lui donne un tout autre ton : les multiples plans séquences, qui parmagie du cinéma, ne sont pas des longueurs car le film va de plus en vite, on court derrière celle qui doit s’absenter une heure pendant que l’autre est allongée, la sonde entre ses mains fragiles.

Elle sonne : son ami lui ouvre la porte, c’est l’anniversaire de sa mère, elle a oublié d’amener les fleurs.

Elle ne restera pas toute la soirée. Son stress gagne du terrain,  elle s’éclipse dans la chambre de son ami.

Et si elle était enceinte elle aussi ? Son ami, déstabilisé, l’épousera par peur de devoir l’aider à avorter s’il y avait…

 

Elle repart, dans la nuit. Arrivée devant la chambre 206 de l’hôtel, elle découvre son amie endormie. Elle lui annonce qu’elle a expulsé le bébé. La suite, pleine de vérité irrévocable : un plan séquence sur le bébé.

A cet instant là, j’ai mis la main sur ma bouche comme si je m’arrêtais de respirer tellement que la sensibilité me gagnait sur la viabilité du bébé. On est au dénouement du film, la chute pourrait être mortel et pourtant on baigne dans l’espoir.  

 

 

Publié dans Blog Story

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